Fiche d’identité

Nom : UtPåTur
Type : Cordova 40, premier du nom
Date de naissance : 2011
Taille : 11m98 x 4m15
Tirant d’eau : 0.90m / 2m60 – dériveur intégral
Tirant d’air : 18m (mât de 15m75)
Poids : environ 11 tonnes en charge
Matériau : aluminium bien sûr !
Gréement : sloop

La rencontre

Nous ne cherchons pas encore activement notre nouveau compagnon à voiles en cet été 2023, mais nous avons lancé un appel sur un réseau social bien connu : « cherchons à visiter des bateaux en aluminium, de 10 à 12m, lors de notre congé annuel en Bretagne, juste par curiosité »

Bien. Quelques commentaires apparaissent, sans plus d’importance, puis un message personnel d’un certain Jean-François : « j’ai un Cordova 40 que vous pouvez venir voir, il sera en vente cet automne » Puis il ajoute, mystérieux : « c’est mon bateau personnel ». On regarde alors le nom de famille : André, Jean-François André, mais oui bien sûr, c’est le fameux architecte naval ! Raison de plus pour aller voir ce bateau de toute urgence.

Rendez-vous est pris à Sainte-Marine dans l’Odet, sous les trombes d’eau d’un mois de juillet pourri. Le bateau est imposant en bout de ponton, mais surtout il nous semble familier. Nous l’avons déjà croisé… nous avons même mouillé juste à côte avec Saltimbanque, dans une ria galicienne en 2011, non ? Sylvie André nous le confirme joyeusement dès que nous mettons les pieds à bord, il s’agissait même du voyage inaugural du bateau ! Il nous avait alors déjà tapé dans l’œil…

Premier contact avec la bête

Discussion à bâtons rompus sous le déluge breton

Nous prenons place dans le carré et faisons plus ample connaissance avec Jean-François et Sylvie. Ils ont dans leur sillage une expérience incroyable de 40 ans de navigation, toujours sur des bateaux dessinés et construits par Jean-François. Tous les 10 ans, un nouveau plan sortait, incorporant les améliorations imaginées pendant les navigations précédentes, et adapté aux navigations futures. Le Cordova 40 est leur 4e bateau, il porte le nom du village d’Alaska où il fut dessiné lors d’un hivernage à bord du Patago 50, leur voilier précédent. C’est donc 30 ans d’expérience en architecture navale, construction de coques aluminium et en navigations hauturières qui sont concentrés ici…

La conversation se poursuit, nous nous enquerrons du type d’équipement à bord, de l’âge du gréement, de l’entretien effectué. Là encore le courant passe, nous avons l’air d’avoir une approche très similaire de la navigation: tout doit être simple, robuste, redondant, et facile à entretenir.

L’occasion est vraiment trop belle pour ne pas la saisir. Anecdote qui scelle l’affaire, Jean-François et Sylvie habitent le même petit village que Jérôme et Céline à qui nous avions acheté notre cher Saltimbanque. Il sera donc écrit que nous n’achetons nos bateaux qu’à des habitants de Plogastel-Saint-Germain, et le Cordova 40, 1er du nom, devient notre nouveau compagnon à voiles à la fin de l’année 2023.

L’équipe au complet!

Nous ne sommes pas tout à fait prêtes à partir, mais ce bateau semble vraiment être venu nous chercher, et nous ne pouvons pas le laisser passer. S’ensuivent de longs mois de préparation – et séparation – pendant lesquels nous ramenons Saltimbanque en Bretagne pour boucler la boucle et le vendre, puis clôturer notre vie professionnelle norvégienne. Mais début 2025 nous voilà enfin réunis pour écrire ensemble, on l’espère, de nouvelles et nombreuses aventures !

UtPåTur, en extérieur

UtPåTur a une coque en aluminium 5086, réalisée en forme grâce à la technique de bordage incliné (pour plus de détails voir http://www.jfandre.com/2015_innovations.htm). Il fait 11m98 de longueur hors-tout : nous qui voulions impérativement un bateau de moins de 12m, il rentre pile-poil dans nos critères ! En outre il possède une plate-forme arrière articulée pour accéder facilement à l’eau, et une delphinière que l’on peut relever pour prendre moins de place au ponton.

C’est un dériveur intégral, c’est-à-dire que la longue dérive profilée peut se remonter entièrement à l’intérieur de son puit, ce qui réduit le tirant d’eau de 2m60 à 90cm. À nous les lagons coralliens peu profonds, ou les échouages à marée basse en Manche !

UtPåTur sur bers au chantier de Pors-Moro, la dérive à moitié sortie.

UtPåTur vu depuis le portique arrière

Le cockpit est compact et profond, et la colonne de barre à roue hydraulique s’incline sur le côté pour faciliter le passage depuis la plateforme arrière. Nous rajouterons vite un régulateur d’allure pour suppléer le pilote automatique : nous avons pris l’habitude sur Saltimbanque et n’envisageons plus de naviguer sans.

A l’arrière, sur le portique on trouve les panneaux solaires (170W) et l’éolienne (400W), les antennes GPS, AIS, radar et Navtex, et un bossoir pour remonter l’annexe.

Sur bâbord s’ouvre un immense coffre de cockpit, un véritable local technique plus exactement, où se trouvent les batteries, la chaudière, les pompes et calculateurs de pilote, la cuve à eaux noires, divers équipements et l’accès à toutes les vannes. Le local technique est également accessible depuis l’intérieur du bateau.

Le local technique

Grâce aux balcons de ponts, nous pouvons plus facilement fermer le taud de grand-voile

Le  pont est vaste et peu encombré car les drisses et bosses de ris se manipulent en pied de mât, bien appuyé contre les balcons de pont.

UtPåTur est un sloop, avec un mât unique donc, muni de deux étages de barres de flèches droites. La grand-voile possède trois bandes de ris à poste, pour permettre une réduction rapide de la toile par tout temps. À l’avant nous avons un génois sur enrouleur et une trinquette également sur enrouleur, auto-vireuse pour faciliter les virements de bords successifs. Nous avons également ajouté un spi asymétrique pour le portant et un tourmentin pour lequel nous devons encore imaginer un étai largable.

Enfin, une immense baille à mouillage contient nos deux mouillages prêts à l’emploi, ainsi que nos ancres de secours, les aussières et les pare-battages.

L’avant du bateau, le guindeau, les deux enrouleurs et la grande baille à mouillage

UtPåTur, en interieur

Le Cordova 40 est un véritable petit duplex : la zone de vie se situe au niveau bas, et à l’étage comme on aime à l’appeler, se trouve le centre névralgique du bateau : le poste de veille intérieur ! Cette configuration, atypique pour un bateau de cette taille, nous enthousiasme.

UtPåTur, l’étage. De là on peut veiller au sec et au chaud par toutes les conditions !

Depuis la bannette de veille, inclinable a la gîte, on a une vue imprenable sur le bateau, les voiles et les alentours à travers les grands hublots en verre trempé, ainsi que sur les instruments (Cartes, GPS, VHF, AIS et radar). Grâce à la commande de pilote et la manette des gaz intérieure on peut naviguer (presque) intégralement au sec ! Et quand il faut régler les voiles, il suffit de passer la porte semi-étanche et nous sommes tout de suite dans le cockpit. Tout cela semble si confortable qu’on en serait presque à espérer du mauvais temps pour en profiter !

Sous le plancher du poste de veille, on trouve le moteur, un Yanmar 4Jh4AE de 54 chevaux. C’est qu’il faut bien ça pour déplacer un bateau de cette taille, et nous apprécierons d’avoir non plus une risée Diesel mais bien une véritable rafale Diesel en cas de besoin ! Inconvénient d’un bateau de cette taille, nous sommes beaucoup plus dépendantes du moteur que sur Saltimbanque qui se manœuvrait partout à la voile. Il ne va pas falloir négliger la maintenance préventive…

L’arrière du moteur, l’accès est très bon par le dessus, mais un peu plus limité par le côté…

Une vraie cabine d’amis deux places !

On descend encore deux marches et on se retrouve enfin en bas dans la zone de vie. Sous le cockpit à tribord, la cabine d’amis (et de navigation comme il y est bien plus confortable d’y dormir à la mer que la cabine avant). On y rangera les affaires que nous ne sortons pas tous les jours ainsi que les instruments de musique du bord.

En revenant vers l’avant on croise une seconde table à cartes / petit bureau, puis le poêle à Diesel, l’un des deux systèmes de chauffage du bateau.

Devant c’est le carré, séparé en son milieu par le puit de dérive couvert d’un grand plan de travail qui s’élargit en table à bâbord. La cuisine elle occupe tout le côté tribord avec son four, son double évier, et son frigo ! Le tout est en bois clair et blanc, un style très scandinave qui nous plaît bien. Tout à l’avant, un lit breton, notre cabine principale.

La grande pièce à vivre

La graaaaaande cabine de douche séparée ! Pas de doute, on s’embourgeoise…

De retour au pied de la descente, une porte à bâbord donne sur la salle de bain, avec lavabo, toilettes, et ô joie, une cabine de douche indépendante ! Après tant d’années à se doucher par tous les temps au pulvérisateur dans le cockpit de Saltimbanque, nous sommes très heureuses de pouvoir enfin s’abriter (dans cet ordre) du froid, du vent et des regards indiscrets ! Cette pièce sera également précieuse pour faire sécher les cirés trempés sans inonder le reste du bateau.

En se dirigeant vers l’arrière depuis la salle d’eau, sous le poste de veille intérieur, on peut rejoindre le local technique. C’est aussi là que se trouve le dessalinisateur qui nous permet d’être autonomes en eau douce.

Le dessalinisateur à gauche, et la porte du fond mène au local technique.